Curiosity sur Mars en 10 chiffres

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Départ imminent ! Mars Science Laboratory (MSL) devrait décoller le 26 novembre 2011 à partir de 16 h 02, heure de Paris). Si tout se passe comme prévu, le rover Curiosity, véritable laboratoire de chimie ambulant, explorera les pentes du cratère Gale en août 2012 pour traquer des indices de l’habitabilité passée de Mars. Le point sur cette mission en 10 chiffres clés.

 

1

Contrairement à ses prédécesseurs, les jumeaux Opportunity et Spirit, Curiosity ne partira qu’en un seul exemplaire. Pas de droit à l’erreur pour la Nasa, qui a apporté diverses innovations à la procédure d’entrée dans l’atmosphère, de descente et d’atterrissage. Trop lourd pour être largué dans des airbags, Curiosity devrait se poser en douceur sur le sol martien grâce à une technique combinant descente sous parachute, descente propulsée et dépose finale au sol à l’aide d’une grue. Le tout sous l’œil attentif des deux sondes Mars Odyssey et MRO qui communiqueront toutes les informations utiles en cas de problème.

 

3 (m)

C’est la longueur du rover, véritable petite voiture autonome de 900 kg. Un Goliath en regard de ses prédécesseurs qui n’affichaient que 174 kg sur la balance. Ce gigantisme est un atout majeur pour MSL : pouvoir charrier 80 kg d’instrumentation scientifique contre 6,8 kg pour MER, la mission précédente – les sondes Viking étaient, elles, aussi lourdement équipées, mais elles ne se déplaçaient pas !.

 

6

C’est le nombre de roues de Curiosity. Une technologie héritée des rovers précédents, mais portée à l’échelon supérieur. Alors que la saga Spirit avait été ponctuée par le blocage d’une de ses roues puis par son ensablement définitif à la surface de la planète rouge, on espère pour cette mission que la roue va tourner, et bien : Curiosity sera capable d’escalader des obstacles de 65 cm (soit plus que les 50 cm de diamètre de ses roues), de gravir des pentes de 45° et de comprendre qu’une de ses roues est enlisée afin de ne pas aggraver la situation en patinant inutilement.

 

20 (km)

C’est la précision d’atterrissage de MSL (photo du bas), contre 70 km pour MER, qui n’aurait donc pas pu viser un site tel que Gale. C’est aussi l’autonomie minimale prévue du rover… Autant dire qu’un atterrissage un peu trop excentré ne laisserait ensuite guère de place aux fantaisies de parcours pour explorer les formations géologiques inconnues des pentes du cratère.

en jaune, la zone d’atterrissage au Nord du cratère Gale, retenu parmi une trentaine de sites candidats passés à la loupe de la sonde MRO

 

74

C’est le nombre minimum d’échantillons du sol martien que Curiosity devrait analyser, à raison de 6 heures de mesures scientifiques quotidiennes. Capable de chauffer les échantillons jusqu’à 1100°C, le rover sera en mesure de découvrir des molécules organiques (les CHNOPS, carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et soufre) sensées être présentes sur le sol martien, mais que les antiques sondes Viking n’avaient pu débusquer dans les années 1970.

 

au sommet du mât de Curiosity, la ChemCam (caméra chimique) récoltera la lumière émise par les roches chauffées par son laser d’une portée de 9m afin d’en analyser la composition

 

110 (W)

C’est la puissance électrique qui permettra au rover d’alimenter en continu ses batteries. De quoi faire fonctionner (pas en même temps, bien sûr !) son bras robotique, les moteurs de ses roues, son informatique et son système de communication, ainsi que ses 10 instruments scientifiques qui en font un véritable robot chimiste (2 d’analyse à distance situés sur le mât, 2 d’analyse au contact situés au bout du bras robotique, 2 labos d’analyse d’échantillons de sol ou de roches, 4 instruments d’analyse de l’environnement martien).

 

238

C’est l’isotope du plutonium (238Pu) utilisé dans le GTR (générateur thermoélectrique à radioisotope) du rover. En se désintégrant, une charge de 4,8 kg de matériau radioactif produira de la chaleur, transformée en électricité par des thermocouples. Cette source d’énergie est couramment employée par la Nasa en raison de sa puissance et de sa fiabilité. Elle permettra d’évacuer les contraintes de rendement des précédents astromobiles, équipés des panneaux solaires, lors des hivernages martiens. Sa durée de vie par définition limitée est tout de même confortable : a minima une année martienne, soit 687 jours terrestres, et sans doute beaucoup plus puisque le GTR devrait encore fournir 100 W électriques après 14 années terrestres de fonctionnement. À cette date, même l’increvable Opportunity aura sans nul doute cessé de fonctionner.

 

300 (m)

C’est en dessous de cette altitude, donc dans les parties les plus basses du pic central du cratère Gale, que Curiosity trouvera son bonheur géologique : des argiles. Ces roches se forment en présence d’eau au pH modéré et témoignent donc d’un environnement qui put jadis être propice à la vie. Le pic du cratère Gale présente des centaines de strates formant une butte comparée aux Rocheuses et qui semblent révéler les changements environnementaux survenus sur Mars il y a environ 3,5 milliards d’années : plus on monte et plus les argiles laissent la place aux sulfates, signalant l’assèchement de la planète.

c’est cher… mais c’est beau !

5000 (m)

C’est la hauteur approximative du pic qui domine le cratère Gale. Pour la Nasa, un paysage plus photogénique que les plaines sableuses interminables où Oppy et Spirit peinaient à progresser, n’offrant au grand public que des vues très monotones. Les mauvaises langues diront que les objectifs de communication de l’agence américaine ont prévalu sur l’intérêt scientifique d’autres sites candidats, plus riches en argiles, et défendus en particulier par la communauté d’astronomes français.

 

2 500 000 000 ($)

C’est le budget considérable de MSL (contre 800 millions pour MER). Une mission qui aura été, selon la Nasa, la plus compliquée à mettre sur pied en dehors des vols habités, et qui aura connu moult glissements de calendrier et renoncements techniques (les caméras 3D embarquées de James Cameron, pour le dernier en date).

Rendez-vous en août 2012 pour assister aux très attendus premiers tours de roue de Curiosity.

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