JMLL, myopie et révolution

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(Kaluchua bonus track #2)

La scène se passe à Paris 7, dans une petite salle où étudiants de L3, M1 & M2 s’agglutinent pour suivre un bref survol de l’histoire de la science par Jean-Marc Lévy-Leblond.

1er temps : pour chauffer les moteurs, JMLL coiffe sa casquette de directeur de collection au Seuil et assure le service après-vente de Kaluchua, de Michel de Pracontal (lire la review ici). La teneur de l’annonce suit celle de la 4ème de couverture et résume bien l’argumentaire de l’ouvrage : une  Révolution scientifique, quasi clandestine, est à l’œuvre, celle de la reconnaissance de l’existence de cultures animales.

2ème temps : une légère accalmie dans le débit de JMLL permet à une séance de questions-réponses de prendre forme ; il s’agit de savoir si la science est vraiment en panne de percées scientifiques majeures, à la sauce Einstein. JMLL tient que oui, et campe fermement sur sa position malgré quelques « mais quand même, il y a eu…  » Certes le génome, certes l’espace, certes Internet. Autant de réussites incontestables qui relèveraient plus d’exploits technologiques et ne seraient pas de même nature que les grandes avancées de l’astrophysique et de la physique. Et Kaluchua ? La Révolution Kaluchua ? Oubliée depuis le début de la séance.

3ème temps : simple oubli « physico-centré » ou véritable volonté de partage entre avancées paradigmatiques et banal tout-venant de la recherche ? Jean-Marc Lévy-Leblond a eu la gentillesse de préciser sa pensée pour le bLoug. Il confesse « un retour de myopie du physicien » à l’origine de l’oubli. Et défend très habilement sa position tout en laissant un peu de place pour que les sciences de la vie puissent tout de même opérer leur « révolution copernicienne » (de Pracontal) : « Ma thèse devrait sans doute être formulée de façon plus souple : pas de révolutions scientifiques depuis les années 1950 en nombre et en importance comparables à ce qu’a connu la première moitié du 20è siècle. »

Ce que révèle cette anecdote, c’est qu’une révolution, ça ne tombe pas tout cuit. Comme l’écrit de Pracontal, la prise en compte de l’existence des cultures animales « reste méconnue de la majorité des chercheurs », alors qu’il s’agit d’une « découverte majeure, aux conséquences théoriques et pratiques incalculables », elle est accueillie « comme une nouvelle parmi d’autres ».

 

sur le même sujet : de l’intérêt de l’éthologie en laboratoire – Kaluchua bonus track #1

et le blog de Léely, illustratrice scientifique de talent à qui j’ai piqué le portrait de JMLL, profitant de ce qu’elle était partie à Dakar…

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