les dinosaures au régime ?

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Les sauropodes font-ils toujours le poids ? À en croire certains articles hâtifs, le poids de ces dinosaures gigantesque devrait être sensiblement revu à la baisse. La cure d’amaigrissement concernerait d’abord l’énorme Giraffatitan brancai, dont la masse estimée aurait fondu de 80 tonnes à 23 tonnes. Qu’en est-il exactement ?

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Tout vient de la publication en ligne dans Biology Letters (6 juin) d’une étude de W. I. Sellers et al. intitulée Minimum convex hull mass estimations of complete mounted skeletons (consultable sur le site de l’Université de Manchester)

L’article relate l’utilisation d’une nouvelle technique au laser pour déterminer la masse corporelle d’un animal à partir de son squelette monté. L’idée est simple : les chercheurs ont scanné les squelettes de 14  grands mammifères, de l’éléphant d’Asie et d’Afrique au renne, en passant par l’ours polaire, mais aussi le célèbre « élan irlandais » (Megaloceros giganteus,  qui n’était pas un élan et n’avait rien de spécifiquement irlandais). Ils ont ainsi obtenu une série de nuages de points pour les différentes parties de ces animaux et ont pu calculer les volumes de chair et de peau nécessaires pour envelopper le tout. De là a été déduite une masse totale théorique pour chaque espèce, comparée aux données réelles fournies par la littérature. Résultat, une « pesée » laser fiable, mais nécessitant tout de même une « légère » pondération de 21%.

L’équipe de Sellers a alors appliqué sa technique à  Giraffatitan brancai, sauropode au long cou jadis assimilé au brachiosaure, dont un imposant squelette composite de 25 mètres trône au Muséum d’Histoire naturelle de Berlin. Verdict : 23,2 tonnes.

La cure est-elle drastique ?

Oui et non. En réalité, Giraffatitan avait déjà été estimé à 23,4 t en 2009, un résultat extrêmement proche, que mentionne l’abstract de la publication scientifique – mais pas les communiqués de presse… Mieux, notre sauropode avait même été estimé à 14 petites tonnes en 1980, un résultat famélique que la publication passe, cette fois, complètement sous silence… D’autres estimations avaient, il est vrai, flirté avec les 80 tonnes. Toutefois, prendre celles-ci comme référence unique, relève de l’effet d’annonce trompeur.

Cela aurait d’ailleurs pu être évité, en communicant non pas sur l’amaigrissement de Giraffatitan, mais sur sa fâcheuse tendance à jouer au yoyo au fil des études en fonction des méthodes d’estimation, ainsi que le montre ce récapitulatif déniché par le bLoug :

L’estimation de la masse d’un organisme disparu est une  donnée clé pour appréhender correctement sa physiologie et sa biomécanique. Mais c’est aussi un casse-tête méthodologique pour la paléontologie, qu’illustre parfaitement le cas de Giraffatitan. L’apport potentiel de cette nouvelle technique se situe donc bien là : résoudre ce casse-tête en fiabilisant et standardisant la mesure. Si la méthode est aussi robuste et objective que l’annonce Sellers, elle pourrait être généralisée à moindres frais et constituer un nouvel outil précieux pour la paléontologie.

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