Sodomie : 100% naturelle

En réaction aux saillies homophobes de certains opposants au mariage pour tous, un peu de sciences naturelles pour expliquer que : non, l’intromission du pénis dans le rectum – et plus largement, l’homosexualité – n’est pas une pratique contre-nature. C’est même tout le contraire, ainsi que le démontre le monde animal à l’envi.

La captivité induisant des comportements que l’on n’observe pas dans la nature et la domestication pouvant faire apparaître des comportements homosexuels en sélectionnant indirectement certains traits, il faut regarder du côté des populations sauvages.


Quels sont les cas d’homosexualité observés chez les animaux ?

La distribution de l’homosexualité dans le règne animal est extrêmement large. Elle concerne non seulement des centaines d’espèces, mais encore une large gamme d’animaux, qu’ils soient sociaux ou pas, de l’insecte (coléoptères, papillons, libellules et blattes) aux mammifères terrestres et marins en passant par les reptiles et les oiseaux, bref à peu près tout ce qui a une reproduction sexuée. Pour être exact, ces comportements ne se traduisent pas toujours par une intromission effective.

Les cerfs à queue blanche dédicacent cette monte à Frigide et à ses coreligionnaires trop vite déscolarisés

Les cerfs à queue blanche dédicacent cette monte à Frigide et à ses coreligionnaires trop vite déscolarisés

Nous n’allons pas écrire les 120 journées de Sodome du monde animal, mais mentionner seulement trois cas présentant un intérêt particulier.

Le Charançon des agrumes, qu’on ne soupçonnerait a priori pas de débauche, se révèle être un libertin frénétique : on observe de véritables partouzes où les mâles montent les femelles, les femelles montent les mâles, et les mâles se montent entre eux ou montent les couples déjà formés. Notons que l’appareil génital du mâle pénètre bien la cavité anale de son partenaire.

Le petit pingouin est amusant, car il a inventé le club libertin. Les montes entre mâles ne se produisent pas à proximité des colonies de reproduction, au milieu des gosses, mais un peu à l’écart, et impliquent même une minorité de femelles. Chez le petit pingouin, qu’on se le dise, 91% des mâles se font monter par d’autres mâles.

Les frottis-frottas du bonobo étant relativement connus, je mentionnerai ici plutôt le fier gorille des montagnes (objet de tant de fantasmes injustifiés), chez qui l’on trouve des groupes constitués uniquement de mâles. Et là, comme dans toute situation contrainte de ce type, advient ce qui doit advenir : les mâles ont des comportements homosexuels régis par leur rang hiérarchique. Temporairement exclus du marché du sexe hétérosexuel, ils sont coincés dans une file d’attente sociale, dont ils sortiront éventuellement lorsqu’ils pourront avoir accès aux femelles.

Esquisse d’explication et de différentiation

Les biologistes retiennent trois catégories d’explication : la pénurie de partenaires de l’autre sexe (comme chez le gorille), la nécessité d’alliances sociales (comme chez le dauphin) ou la difficulté à discriminer entre les sexes (typiquement, chez les insectes).

Il convient ici de préciser que les scientifiques qui travaillent sur le sujet distinguent les comportements homosexuels de la préférence homosexuelle, qui est exclusive et sur le long terme. Le distinguo a son importance, car l’existence d’une préférence homosexuelle exclusive n’a jusqu’ici été formellement démontrée chez aucun animal non humain. Il n’est donc pas rigoureusement exact d’assimiler les pratiques homosexuelles animales aux pratiques humaines, bien que certaines associations homosexuelles semblent perdurer chez certaines espèces, par exemple chez certains goélands ou certains cygnes. Ceci soulève aussitôt deux questions : qu’est-ce qui fait cette spécificité humaine ? Et comment se fait-il que ce trait puisse être sélectionné, compte tenu de l’évidente baisse de fertilité qu’il implique ? Des billets ultérieurs permettront d’apporter quelques éléments de réponse.

D’ici là, j’aimerais finir en exposant une légère pointe d’agacement devant la façon dont lesmédias traitent l’actualité de ce sujet. C’est bien gentil de nous infliger continuellement les vagissements de l’alliance prognathe du bombers et de la soutane, mais serait-il inconcevable d’opposer à leur protoargumentation, au moins de temps en temps, l’avis circonstancié des gens qui connaissent le sujet. Vous savez, oui, les chercheurs. Parce qu’ils ne font pas que chercher des bosons, ils ont aussi des choses à dire pour éclairer ce type de débat. Je ne sais pas, moi, un écologue, par exemple, un anthropologue, un biologiste de l’évolution… C’est quand même pas compliqué. Enculés de lesmédias, tiens…

 

Ces éléments sont tirés sans vergogne d’un parfait résumé sur l’homosexualité chez les animaux commis par Michel Raymond & Frank Cézilly

Michel Raymond a également consacré un chapitre à l’homosexualité dans son premier livre Cro-Magnon toi-même (ici : la critique de son second ouvrage), qui est plus que recommandable.

 

qui a la plus grosse ? (hs#6 : PIXIES, Gigantic)

le headbanging science #6 ouvre le carnet rose et contraint le bLoug à enlever le bas : Gigantic ! S’exclame Kim Deal. Retour sur un autre morceau de choix des Pixies pour répondre à la question existentielle : qui a la plus grosse ?

headbanging science,la rubrique musicale des titres qui ont (presque) un rapport avec la science, #6 PIXIES – GIGANTIC


La video vintage est tirée du même concert que celle du headbanging science #5.

Gigantic est cosigné Black Francis / Kim Deal (sous son nom d’épouse, de manière ironique). Il s’inspire, selon Deal, du film Crimes of the Heart (Bruce Bersford, 1986), une nanardise typique des 80′s qui met en scène les aventures sentimentales de trois sœurs jouées par Jessica Lange, Diane Keaton et Sissy Spacek. L’une des héroïnes (Sissi Spacek) tombe amoureuse d’un éphèbe noir de 15 ans. Le morceau décrit les rêveries érotiques de Kim Deal en train d’assister aux ébats des deux tourtereaux.

Et c’est là que cela dérape… Gigantic + Black = Fantasme de l’étalon noir. Hormis une vague interprétation politiquement correcte des lyrics tentée un temps par Black Francis, les fans restent généralement sur la même version : Kim Deal se tape un bon délire sur les Noirs qui en ont une plus grosse…

N’en déplaise à quantité de sites Internet aux allures plus ou moins sérieuses, il semble bien qu’on ait affaire à une légende qui a le vit dur… directement héritée des représentations racistes qui ont pollué la science jusqu’au beau milieu du XXe siècle. Les études statistiques sur la taille du pénis humain semblent rares. Elles portent sur des échantillons souvent trop restreints ou trop spécifiques. Elles ne permettent certainement pas d’établir des comparaisons ethniques (si tant est que cela ait un sens). Elles présentent souvent des moyennes non relatives (essayez de faire le concours avec un cheval et vous trouverez certainement une vertu aux données rapportées à la  taille du corps). Et par dessus le marché, elles ne mesurent ni la même chose ni de la même façon.

Exemple de contre-information avec un site dont j’ai du mal à saisir le sens de la démarche (et dont je tairai le nom),  qui cartographie la taille du sexe d’une bonne partie de la planète. Le grand gagnant du jeu est la République démocratique du Congo. La France se classe à une honorable 17e place avec un bon 16,01 cm (c’est un peu mieux qu’à l’Eurovision). Les pauvres Sud-Coréens occupent la dernière position avec 9,66 cm (le bLoug ne compte pas encore de lecteur Sud-Coréen et espère vivement se faire des amis à cette occasion).

France, 17e rang mondial, 16,01 cm (pour les réclamations, voir avec l'Université d'Orléans apparemment)

Corée du Sud, 119e et dernier rang mondial : 9,66 cm, d'après on ne sait pas trop qui (peut-être des Nord-Coréens)

D’où viennent ces chiffres ? Sur quels échantillons portent-ils ? Quelles sont les marges d’erreur ? Est-ce que la République du Congo et la Corée du Sud n’ont vraiment rien de mieux à faire de leur budget recherche ? Mystère.

Mais le pire est à venir. En cherchant bien, on parvient à trouver quelques chiffres sérieux. Cette publication du British Journal of Urology compile quelques données issues d’autres études.

On se rend très vite compte que les échantillons (colonne ‘n’) ne permettent le plus souvent aucune analyse sur des sous-populations. Compte tenu de la variabilité physiologique de l’espèce humaine, les données moyennes des populations globales n’ont même pas de sens pour les échantillons les plus petits. Par ailleurs, le comparatif inter-études est souvent impossible en raison des différences méthodologiques : comment comparer des données déclaratives et les mesures effectuées en vrai (la précision n’est pas fournie ici mais on trouve les deux types de méthodes dans ce genre d’enquête et les moyennes reposant sur du déclaratif sont, comme par hasard, toujours plus élevées que les moyennes mesurées par des mains innocentes) ? Mieux, comment comparer de vaillants pénis en érection à de mollassons pénis au repos ?

Ca n’a évidemment ni queue ni tête, ce qui devrait redonner un bon coup de fouet à nos amis Sud-Coréens.

La dernière ligne du tableau concerne précisément une étude Sud-Coréenne. On y voit que la taille du pénis de 123 Sud-Coréens est de 9,6 cm… soit à un poil pubien près le chiffre cité tout à l’heure (9,66 cm)… sauf qu’il s’agit d’une mensuration au repos ! On a maintenant compris d’où viennent les données du site mentionné plus haut. Ils se contentent de les piquer à droite à gauche, sans se poser la question de ce qu’elles signifient, et encore moins de savoir si elles sont comparables. Et voilà comment les Sud-Coréens sont bombardés plus petites bites de la planète sans avoir jamais rien demandé…

Pour le coup, ce n’est plus tellement gigantic mais franchement affligeant. Pour réconcilier tous nos pénis, on se consolera avec cette citation extraite de l’article du BJU cité précédemment :

The issue of attractiveness to women is complex, but most data suggest that penile size is much lower down the list of priorities for women than such issues as a man’s personality and external grooming.

Hey Kim, le bLoug a une grosse personnalité !

Kim Deal, pro du manche

Gigantic (mrs John Murphy & Black Francis)

And this I know:
His teeth as white as snow
What a gas it was to see him
Walk her every day into a shady place
With her lips she said,
“Hey, Paul, hey Paul, hey Paul
Let’s have a ball”
Gigantic, gigantic, gigantic
A big, big love
Lovely legs, they’re a
What a big black mess
What a hunk of love
Walk her every day into a shady place
He’s dark, but I’d want him
“Hey, Paul, hey Paul, hey Paul
Let’s have a ball”
Gigantic, gigantic, gigantic
A big, big love