vue sur MER : l’un part, l’autre reste

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

ci-gît Spirit

Les destinées des deux astromobiles de la mission MER (Mars Exploration Rover) semblent irrémédiablement contraires. Pour Spirit, l’optimisme de façade affiché par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) au début du mois de mars est retombé.

La période martienne d’ensoleillement maximale (donc d’approvisionnement en énergie) étant dépassée, les efforts déployés pour renouer le contact avec Spirit semblent désormais voués à l’échec. Semaine après semaine, les communiqués du JPL commencent invariablement par ces termes : « Spirit Remains Silent at Troy » (« Troie » est le nom du site où le rover s’est définitivement enlisé). On ne nie plus l’évidence : le silence prolongé de Spirit indique qu’il est affligé d’un problème « plus grave qu’une simple panne de courant ». Faute de pouvoir rétablir les communications avec son rover, la NASA a indiqué qu’elle allait réduirait la voilure et réaffecter ses moyens, vraisemblablement fin avril, pour se concentrer sur Opportunity

Opportunity se relance

Opportunity, le jumeau de Spirit affiche lui une forme insolente. L’infatigable rover est reparti dans son long trek à travers les dunes des plaines martiennes de Meridiani Planum.

Il vise Endeavour, un superbe cratère de 22 km de diamètre et 300 m de profondeur auprès duquel ceux qu’il a déjà explorés font figure de simples trous de souris. L’arrivée est en altitude : les remparts rocheux d’Endavour dominent le paysage désertique environnant d’une cinquantaine de mètres – une véritable montagne pour un rover. La dernière droite est encore longue : 6,5 km, depuis Santa Maria, le petit cratère près duquel Opportunity avait halte depuis décembre 2010, le temps de tripoter quelques cailloux. D’autant que la progression du rover est lente : 60 m, 100 m par jour… des sauts de puces entrecoupés de période d’immobilité, lorsque les conditions ou les signaux d’anomalie poussent les pilotes à distance à jouer la carte de la prudence avec leur dernier rover en course. Peut-être la perspective d’un record de distance est-elle un aiguillon pour Opportunity. Avec 27,5 km au compteur depuis son arrivée sur la planète rouge le 25 janvier 2004, l’astromobile martien approche du vieux record de 37 km parcourus à la surface de la Lune en 1973 par le robot russe Lunokhod 2.

Curiositiy, la relève

à côté de Cursiosity, Spirit et Opportunity sont des jouets

La Nasa le présente comme l’équivalent d’une Mini Cooper. Pas franchement une assurance tous risques en terrain sablonneux… Le rover sera doté de 6 roues de 50 cm de diamètre, sensées lui permettre de passer des obstacles de 75 cm. Mais sans lui garantir de ne pas ensabler ses 900 kg. Côté propulsion, il disposera d’une pile nucléaire et ne sera ainsi plus tributaire du soleil martien. Il faudra malgré cela piloter fin pour éviter la casse, car cette nouvelle mission n’aura pas le droit à l’erreur : Curiosity a coûté 2,5 milliards de dollars, une facture salée qui interdit de l’envoyer en deux exemplaires. Le lancement à suivre fin 2011 s’annonce comme une nouvelle histoire à suspense.

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.